1. Variez les positions dès la naissance
Placez votre bébé sur le ventre lorsqu'il est éveillé et surveillé. Les guides recommandent plusieurs périodes courtes de tummy time par jour pour prévenir les préférences posturales et favoriser la motricité.
💡 Le « Tummy Time » intelligent (sans bataille)
Le ventre n'a pas besoin d'être parfait. L'important est de le rendre tolérable :
- • Très court mais fréquent (1–2 minutes, plusieurs fois)
- • Sur vous (sur votre poitrine) ou avec un petit support sous le haut du thorax
- • Avec stimulation du côté moins facile
On cherche la répétition, pas la durée héroïque!
2. Alternez les bras et les côtés au quotidien
Lors des biberons, de l'allaitement, du portage et du change, changez régulièrement de côté. Cela encourage votre bébé à tourner la tête des deux côtés et à renforcer ses muscles symétriquement.
- • Biberon/allaitement : Alternez les bras
- • Portage : Alternez l'orientation
- • Change : Placez-vous parfois à droite, parfois à gauche
Ce sont de petites choses, mais répétées 20 fois par jour, c'est puissant!
3. Réduisez le temps dans les « contenants »
Les sièges auto, balançoires ou chaises peuvent limiter les mouvements et favoriser une seule position.
Offrez du temps au sol sur un tapis ou sur vous afin de permettre une exploration libre. Sans culpabilité : on vise juste un meilleur équilibre.
Même quelques périodes au sol par jour font une vraie différence.
4. Stimulez le côté moins utilisé
Placez ce que bébé aime (vous, un jouet contrasté, une lumière douce) du côté qu'il tourne moins.
La curiosité l'incitera à diriger son regard et sa tête de l'autre côté sans forcer. L'objectif est de multiplier les mini-occasions de regarder de l'autre côté.
5. Le sommeil : restez prudent, mais soyez stratégique
On respecte toujours les consignes de sécurité pour le sommeil (sur le dos, surface ferme, etc.).
Mais on peut :
- • Alterner l'orientation de bébé dans le lit (tête à l'autre extrémité) pour que l'intérêt visuel change de côté
- • S'assurer que bébé n'a pas toujours la même « vue principale » du même côté
- • Alterner la position de la tête lorsqu'il dort en orientant les pieds vers l'autre extrémité du lit
Pourquoi intervenir ? Les conséquences sur le développement moteur
Lorsque le torticolis n'est pas traité, le développement asymétrique du corps peut entrainer des difficultés motrices durables :
Parce que le corps n'a pas été développé de façon symétrique, bébé peut avoir une préférence marquée pour un côté. Cela retarde l'acquisition de la marche ou crée une marche asymétrique où il favorise un côté du corps.
Ramper, rouler, se mettre à quatre pattes deviennent plus difficiles. Le bébé tend à se mouvoir principalement d'un seul côté au lieu d'alterner et d'utiliser son corps de façon équilibrée.
L'enfant ne travaille que d'un côté et ne fait pas d'alternance (droite-gauche). Cela affecte l'équilibre, la coordination et peut compliquer l'apprentissage de mouvements complexes plus tard.
La bonne nouvelle : Une prise en charge précoce favorise un développement symétrique et prévient ces difficultés. Plus on intervient tôt, plus rapides sont les progrès!
Quand consulter en physiothérapie?
Si vous remarquez :
- • Une préférence persistante pour un côté
- • Une limitation de mouvement
- • Une asymétrie du crâne
- • Une tolérance très difficile au temps sur le ventre
Les interventions précoces réduisent la durée des soins et préviennent les complications.
Références scientifiques
- • Kaplan SL, Coulter C, Fetters L. Physical Therapy Management of Congenital Muscular Torticollis: An Evidence-Based Clinical Practice Guideline. Pediatr Phys Ther. 2018;30(4):240-290.
- • APTA Academy of Pediatric Physical Therapy. Clinical Practice Guideline Recommendations. 2018.
- • Ohman A. The inter-rater and intra-rater reliability of a modified muscle function scale in infants with congenital muscular torticollis. Physiother Theory Pract. 2012;28(3):198-203.
- • Petronic I, Brdar R, Cirovic D, et al. Congenital muscular torticollis in children: distribution, treatment duration and outcome. Eur J Phys Rehabil Med. 2010;46(2):153-157.