Mythe 1 : « Il suffit d'attendre, ça passera »
En réalité, le torticolis congénital est une asymétrie posturale liée au raccourcissement d'un muscle (le sternocléidomastoïdien) et non un simple « blocage ».
Laisser la situation évoluer sans intervenir augmente le risque d'aplatissement du crâne, d'asymétrie faciale et de difficultés motrices.
✓ La physiothérapie initiée dans le premier mois corrige 98 % des cas en 1,5 mois.

Le muscle sternocléidomastoïdien (SCM) : muscle clé du torticolis congénital musculaire
Mythe 2 : « Mon bébé se tourne parfois de l'autre côté, donc tout va bien »
Ce n'est pas la capacité ponctuelle qui importe, mais la fréquence. Si votre enfant tourne la tête 80 % du temps du même côté, l'asymétrie se maintient.
✓ Les guides recommandent d'examiner les préférences posturales et de référer en physiothérapie dès qu'une asymétrie est identifiée.
Mythe 3 : « Il est droitier (ou gaucher), c'est normal qu'il regarde toujours du même côté »
La préférence précoce pour une rotation ou une main n'est pas un signe de latéralité définitive. La préférence manuelle ne devrait pas être visible avant 2 à 4 ans.
Une rotation préférée peut influencer la perception visuelle et le développement de la motricité d'un côté vs l'autre. Ce qui influence le développement moteur des deux côtés et d'où pourquoi nous cherchons la symétrie.
✓ Chez le nourrisson, une préférence marquée mérite de vérifier la mobilité cervicale et le développement moteur global chez une physiothérapeute.
Mythe 4 : « J'ai vu un ostéopathe ou un chiropraticien, donc je n'ai pas besoin de physiothérapie »
D'autres approches peuvent aider votre enfant, mais la prise en charge multidisciplinaire avec un(e) physiothérapeute spécialisé(e) en pédiatrie reste très pertinentes pour bien évaluer toute la situation :
- Étirements
- Renforcement
- Symétrie des mouvements
- Éducation des parents
✓ Les interventions précoces et régulières réduisent la durée des soins et préviennent les complications.
Mythe 5 : « Pour moi, un torticolis est très douloureux ; s'il ne pleure pas, il doit être correct »
Il existe un décalage important entre ce que l'on observe chez l'adulte et ce qui se passe chez le nourrisson.
Chez l'adulte, un torticolis est généralement aigu, douloureux et lié à un spasme musculaire ou à une irritation cervicale. On ressent souvent une raideur marquée et une douleur qui limite fortement les mouvements.
Chez le bébé, le torticolis est indolore. Votre enfant peut sembler confortable et ne pas manifester de gêne, alors que se développe progressivement une asymétrie de la tête ou du corps.
✓ L'absence de douleur ne signifie pas qu'il n'y a pas de torticolis. Ce qui compte, c'est l'observation de la posture et de la mobilité.
En résumé
Ces mythes montrent l'importance d'une information juste et d'un dépistage précoce. Si vous avez le moindre doute sur la symétrie des mouvements ou la forme du crâne de votre enfant, n'hésitez pas à consulter votre physiothérapeute spécialisé(e) en pédiatrie.
Références scientifiques
- • Kaplan SL, Coulter C, Fetters L. Physical Therapy Management of Congenital Muscular Torticollis: An Evidence-Based Clinical Practice Guideline. Pediatr Phys Ther. 2018;30(4):240-290.
- • Cheng JCY, Tang SP, Chen TMK, et al. The clinical presentation and outcome of treatment of congenital muscular torticollis in infants. J Pediatr Surg. 2000;35(7):1091-1096.
- • Ohman A, Beckung E. Reference values for range of motion and muscle function of the neck in infants. Pediatr Phys Ther. 2008;20(1):53-58.
- • Stellwagen L, Hubbard E, Chambers C, Jones KL. Torticollis, facial asymmetry and plagiocephaly in normal newborns. Arch Dis Child. 2008;93(10):827-831.